[frouny.fr] el bloug

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vendredi 24 mars 2006

Vamos a la playa

"Température extérieure de 28 degrés celsius, le temps est au beau fixe. Nous vous souhaitons un agréable séjour à Madrid".

Je me tourne vers le siège de gauche pour regarder Poulpy. Je ne pensais pas qu'un poulpe pouvait avoir les propriétés du caméléon. Avant le décollage, il était orange (sa couleur naturelle), puis à l'allumage des moteurs, il est devenu un peu vert, quand les roues ont été débloquée il a viré au blanc, et jusqu'à ce qu'on se stabilise il est devenu bleu. L'orange revient peu à peu.

"Bon alors tu vois c'est pas si terrible.
- Tu parles, j'ai cru que j'allais mourir à chaque instant.
- Boap, meuh non, c'est le moyen de transport le plus sûr.
- Non mais tu me prends pour un jambon ou quoi?
- Gni?
- Avec ma chance, au retour, on va avoir une panne radio, l'avion va dériver pour finalement se crasher sur une île déserte où que y'aura un animal qui a comme passe temps le secouage d'arbre.
- Faut vraiment que t'arrêtes la télé Poulpy hin, tu vas finir par sombrer télévore.
- Gngngngng.
- Je vois que tu me voles mes réparties, bravo..."

On arrive au tapis à bagages, je récupère ma valise, Poulpy son aquarium et c'est parti pour un petit week-end de soleil au pays des tapas.

Deux jours se sont écoulés, parmi lesquels on a visité un sacré paquet de coins vachement intéressants et on a bouffé comme des chancres. Bref de vraies vacances avec de la cerveza dedans.

On embarque dans le joli avion orange et on attend. Je dois avouer que je suis impatient de voir le caméleon poulpe refaire son festival de couleurs.

Ca ne manque pas, il repasse par le même spectre de couleur que vendredi, je me gausse deux secondes et me plonge dans mon bouquin. Il y est affaire d'une compagnie de mercenaire, la dernière compagnie franche de ce monde, un truc à lire. Après une demi-heure de lecture, je me tourne vers le hublot et commence à m'inquiéter. J'essaie de voir par le hublot de l'autre côté. Mon inquiétude grandit, je me tourne vers Poulpy et lui demande : "Dis-moi, toi qui n'est pas trop une tanche en géographie", car tout le monde sait que le poulpe est explorateur dans ses gènes, "tu ne saurais pas si y'a un océan ou une mer quelconque entre Paris et Madrid qu'on pourrait survoler?
- Mouarf, t'es vraiment une saucisse froun.
- Ho ça va, je sais que je suis un peu une burne en géographie mais bon, réponds-moi quand même.
- Bin, à moins qu'on fasse une escale par la Corse, non.
- Alors ça veut dire que y'a un truc qui cloche.
- Pourquoi?
- Mate à travers ton hublot, et ensuite essaie de voir sur le hublot de l'autre côté."

Je vois Poulpy regarder à gauche, puis à droite. Il est figé. 10 secondes passent, 30, 1 minute. Lentement, sa tête se tourne vers moi et il balbutie des syllabes qui s'approchent de : "blableugnihghjana? gnigeuka". Je le secoue pour qu'il reprenne ses esprits.

"Pinaise! Mais froun, c'est comme dans le truc à la télé là, on va tous mourir.
- Meuh non, Lost c'est pas la vraie vie.
- froun bordel, je te rappelle que tu parles à un poulpe orange là. Alors bon, question possible pas possible tu repasseras."

Merde.. Il a pas tort. Je commence à baliser et je remarque les hôtesses qui sont quand même vachement tendues. Poulpy s'agrippe de ses tentacules sur son siège et c'est là que tout se barre au vau-l'eau. Un hoquet de l'avion. Tout le monde se tait en redoutant le suivant. Un nouveau hoquet se fait ressentir, plus violent encore.. Un enfant commence à crier et c'est la panique. Les masques tombent. Les gens s'emmêlent. L'avion est secoué dans tous les sens. Je crois que je crie mais je n'entends plus que l'air siffler autour de moi. Je tourne la tête, la queue de l'avion a disparut. et là, black-out.

J'ai mal au ventre. J'ai la tête mouillée. Si j'ai mal au ventre et que je suis mouillé au crâne c'est que je dois être malade. J'ouvre un oeil, m'assis, je regarde mon ventre, un énorme hématome violet me court sur le ventre et une partie de côtes. J'ai pris une sacré cuite hier si je me souviens pas m'être fait ça. Je porte ma main à mon crâne. C'est tout flasque. POULPY!! Je m'empresse le prendre de mes deux mains, le pose sur mes genoux, il a l'air de simplement dormir. Je lui colle deux claques bien senties. Un de ses yeux s'ouvre doucement, et d'un coup il est réveillé "Bordel!!!! Je t'avais dit!!! C'est comme dans lost."

A ces mots je regarde autour de moi, et pinaise, il a raison. Des arbres tropicaux, du sable et des fougères de 6 mètres d'envergure. Je regarde Poulpy "Bon, écoute, ta blague est super pas drôle.
- Tu crois que je t'aurais fait un hématome aussi gros qu'une pastèque pour te faire une blague???" Il marque un point là.. On entend un bruit sourd au loin. Je me relève sur mes deux jambes, prends Poulpy sur mon épaule, et on se dirige vers l'origine de ce bruit.

A mesure qu'on avance, le bruit grandit, et au bout d'un moment nous arrivons sur la plage. Désolation est le seul mot qui me vient à l'esprit. Des débris d'avion un peu partout, du sable transformé en verre tellement ça a chauffé. Les survivants se sont regroupés loin de l'avion. Nous les rejoignons.

Un dialogue pour savoir combien ont disparu s'installe, personne ne semble manquer à l'appel mis à part les gens qui étaient à l'arrière. Tous sauvés.

Quelques heures ont passé et nous avons fait un peu connaissance. Nous sommes assis autour d'un feu improvisé, je me tourne vers ce jeune bûcheron qui m'est fort sympathique et lui demande : "Dis-moi, on va se tutoyer ce sera plus simple, c'est quoi ton nom?
- Ingalls, Charles Ingalls.
- Ha ok merci.
- Je t'en prie."

*VRIIIIIIIIIIBOUUUUUUUUUUUUUUUBOOOOOOOOOOOOON*.

Tout le monde se fige en entendant ce bruit sorti d'outre-tombe. Un silence angoissant s'installe.

*VRIIIIIIIIIIBOUUUUUUUUUUUUUUUBOOOOOOOOOOOOON*.

"TEST, UN DEUX, UN DEUX.
- OYEZ OYEZ PETITS NAUFRAGES. VOUS VOUS DEMANDEZ SUREMENT POURQUOI VOTRE AVION QUI NORMALEMENT DEVAIT SURVOLER TARBES AU MOMENT DU CRASH, SE RETROUVE SUR CETTE ILE ETRANGE? AHHAHAHAHAAHHAAH".

A peine j'entends ce rire, je comprends dans quel pétrin on est et qui en est responsable. Je regarde Poulpy et de concert "Georges!". Les gens nous regardent à moitié effrayés et interrogateurs.

"J'IMAGINE QU'ILS M'ONT RECONNU N'EST-CE PAS? HAHAHAHAAHAHHA, ET OUI, C'EST MOI GEORGES. ET VOUS ÊTES ICI SUR MON ÎLE DU LE MAL. HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH."

Charles Ingalls se tourne vers sa femme et lui demande "Dis-moi, ce serait pas le Georges qui nous a vendu cette table basse chez monsieur meuble?
- Ha oui! C'est pour ça que la voix me disait quelque chose." Les gens se regardent un peu éberlué et une femme dit timidement "Vous aussi?
- Comment ça? vous avez aussi acheté un meuble à ce garçon?
- Oui.
- Moi aussi.
- Mais, moi aussi." Après une discussion animée, tout le monde se rend compte que Georges leur a vendu un meuble. Poulpy frappe ses tentacules entre eux pour réclamer un silence, et c'est solennellement qu'il s'adresse à tous : "Mesdames, Messieurs. Je suis au regret de vous annoncer que tout le monde a été victime d'un envoûtement puissant créé par Georges. Cet envoûtement vous a forcé tous à prendre un vol aller/retour Paris Madrid. Même si vous détestez l'Espagne, ça a été irrésistible, comme un appel.". A droite et à gauche, des acquiescement fusent ponctués par des "grave, je peux pas blairer l'Espagne", "J'aime que la corse", ou encore "Vive le Québec libre".
Poulpy reprend "Il nous faut donc nous organiser pour nous défendre, le temps de trouver un moyen de quitter cette île et retrouver une vie normale." Il se tourne vers la forêt et d'un air volontaire dit "Georges, on va te défoncer ta gueule, tu vas rien comprendre. Ca va chier des bulles spèce de magicien en carton.
- OUAIS OUAIS C EST CE QU ON VERRA SALE MOLLUSQUE."

Je regarde Poulpy, et wash, il me fout les jetons, je l'ai jamais vu avec un regard aussi froid. En même temps, je le comprends, il avait réussi à ramené 25 kg de crustacés, et Poulpy faut pas toucher à sa bouffe. A la place de Georges, je baliserai plein.

mardi 28 février 2006

50 CC, 100 CC, 150 CC Grand prix

Ca va faire bien deux mois que Poulpy avait disparu, et ce matin je m'extirpe mollement de mon pieu pour mettre ma rituelle chocolatine au four (qui elle ne vient pas de chez le boulanger donc n'ira pas dans une poche - comprenne qui connaît les toulousains ou ceux qui viennent du sud) lancé le coulage de l'eau pour qu'elle se chauffe (oui je sais c'est du gaspillage mais j'arrive pas à me doucher avec de l'eau à 4°c), puis je me dirige vers le salon parce qu'apparemment j'ai laissé la télé tourner toute la nuit sur Zelda ou Super Mario World (séquence revival à la maison en ce moment) et je me retrouve sans voix.
Lampiotte clignote comme un stroboscope et sautille en regardant Poulpy jouer à Mario, esquive de tortue malicieuse, récupération hasardeuse mais maîtrisée de champignon, pièce Yoshi sur pièce Yoshi en usant de 3 tentacules au lieu de 8, bref Poulpy déchire. Je suis un peu étonné de voir Poulpy avec un clope à la tentacule et lui souhaite la bienvenue avec tact en lui disant "Bordel, mais tu fumes maintenant toi?!?
- Ho salut froun.
- Oui salut Poulpy, mais enfin qu'est-ce que, mais, pourquoi, comment et surtout hin où?
- Alors oui mais non, déjà, et surtout c'est bon je suis plus un gamin je clope si je veux.
- Oui alors ça! on va en discuter parce que", et le doux bruit du floutch floutch de ma douche en train de couler me rappelle que je suis en calbut et qu'il serait temps d'aller profiter de l'eau qui doit être chaude.

L'eau chaude qui me coule sur le visage, j'essaie de faire le vide et de comprendre le pourquoi de la subite réapparition de Poulpy, qui joue à la SNES chez moi, en fumant. Il ne peut pas revenir comme ça, fumer clope sur clope dans le salon qui a été nettoyé hier et faire comme si tout lui était dû non plus, merde!

C'est à ce moment-là qu'un constat horrible m'habite : Je réagis comme un adulte. Va de retro grandissas.

Je finis de me doucher express, me sèche les cheveux, pose le sèche-cheveux en marche sur le porte serviette pour que l'air chaud continue à me souffler dessus pendant que je m'habille, le coupe, enfourne la brosse à dent dans mon croque-bouffe, frotte inlassablement, crache, pose la brosse, sautille sur un pied pendant que j'enfile ma deuxième chaussette et rentre dans le salon. Je prend un clope du paquet qui trône sur la table du salon, l'allume avec le zippo qui traîne sur les étagères et lance un défi à Poulpy "Même pas que tu me bats à Street Fighter II!!!!!
- Ha ouais?
- Mais trop!
- Ok, c'est ce qu'on va voir."

Je vais vers le placard à cartouches et sort le saint Graal, LA cartouche de chaque possesseur de SNES : SF II. Ca va chier des bulles, on déconne plus là.

Je regarde la cartouche et note que le dessin s'est usé à force d'être enclenché et retiré de la console mais on s'en fout, ça fonctionne toujours. Je laisse Poulpy sauvegarder, je vire Mario et calle Street Fighter, ON, et le "clicliclicliiiing" capcom sonne comme une symphonie à mes oreilles. Je retombe 15 ans en arrière et on va prouver qu'on est pas si rouillé que ça. Je tire une grosse latte, coince la clope entre mon index et mon majeur.

C'est parti, mon choix se porte direct sur le type en pantalon rouge, Ken tandis que Poulpy prend Ryu. Y'a pas à chier, ce sont les vrais personnages de ce jeu.

Au bout de 5 heures de jeu effreiné, on raccroche, égalité parfaite en victoire. Mon Ken a 20 cm de corne sur la main à force de fracasser le crâne du Ryu de Poulpy et une lèvre passablement tuméfiée à faire palir une pastèque.

Poulpy pose la manette et me dit "Hey tu devais pas bosser toi aujourd'hui?
- Merde!!!", je cours enfiler mon blouson, prendre mon lecteur de zic, mon sac - sans oublier de vérifier que mon bouquin y est - et en arrivant à la porte pose le tout et dis "Ho et puis merde, on se fait une partie de Mario Kart?
- Banco!" me rétorque-t'il et on est parti pour une journée de sèche en règle. J'ai bel et bien perdu 15 ans et j'ai l'impression que je me retrouve avec mes amis à jouer à la console, à raconter des conneries et à écouter de la zic.

Après trois heures de karting intensives Poulpy se tourne vers moi et me demande "Dis froun, ça te dirait pas de réellement faire une partie de Mario Kart?
- Bin, c'est ce qu'on fait non?" Poulpy prend un clope, pose un tentacule sur l'accoudoir et se penche vers moi en l'allumant comme s'il allait me raconter l'enlèvement de Bétancourt "Non, je te propose de réellement jouer dans Mario Kart".

Je le regarde et il a l'air sérieux. Merde. "T'as pris des cours de magie avec David Copperfield ou quoi?
- Non, plus puissant.
- Gérard Majax?
- Non pas ce saucisson voyons, il ne serait pas capable de faire danser le jerk à une puce.
- Houdini?" A ces mots, un sourire apparaît sur la bouche du poulpe qui a une étincelle dans les yeux et me rétorque "T'es pas très loin mais mieux".
- Merde, c'est pas possible, t'as pris des cours avec Gandalf?
- BANCO!".

Je suis soufflé, le poulpe qui fume un clope devant moi a passé ses deux derniers mois en compagnie de Gandalf à améliorer sa magie. Ca veut dire qu'il va pouvoir se faire pousser une barbe de 40 cm, faire des tours pyrotechniques de dingue et même peut-être transformer Sarko en crapaud.

Je regarde les yeux de Poulpy qui frétillent d'impatience et lui dis : "Go!".

Apparemment il n'attendait que ça et d'un claquement de tentacule je me retrouve entouré d'étoiles scintillantes, tout tourne autour de moi et un petit *plop* retentit. Il fait noir, je commence à baliser, puis un bruit de pièce retentit, un truc visqueux sur mon épaule. Poulpy?
Je tourne la tête et la lumière arrive, aveuglante au départ et je vois Poulpy qui me regarde avec un gros sourire et me montre mes pieds. Je regarde à mes pieds et vois que j'ai les mains sur un petit volant, les pieds sur les pédales. Je n'en crois pas mes yeux, je tourne la tête à gauche et j'aperçois Bowser qui me regarde avec des flammes dans les yeux. Merde, va pas falloir chômer.

Un nuage descend doucement avec un panneau, et je pense que c'est la première fois que je vois Poulpy en gros pixel, ça fait bizarre. 3, 2, 1, *BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP*. Mes pneux crissent, raté le départ champignon, spas grave je dérape moi m'sieur.

Bowser est en tête, Koopa le suit de très près puis Poulpy et enfin moi. La Peach a fait sa pichasse et est partie valdinguer dans le sable et les autres sont trop mauvais pour nous rattraper. Dingue, en moins de la moitié d'un tour, on voit déjà le podium se préparer.

J'esquive une banane jetée par Bowser et j'entends des pneus déraper derrière moi et me dis "tiens Luigi a tenté de revenir, tant pis pour lui, fallait pas me coller comme ça". Bowser est toujours en tête mais Poulpy a dégagé Koopa Troopa qui s'est bouffé un rebond de carapace verte. Ca va chier, je viens d'attraper une banane. J'attends la ligne droite, je vais tenter de dégager Bowser. Un virage à gauche, droite, chicane dans 20 mètres, je dérape comme un forcené et vois que Bowser est à la distance parfaite sur la ligne droite, je lance ma banane qui atterit sous les roues de la tortue diabolique. Et plus que Poulpy et moi.

Viens-y par là mon petit, t'as beau être premier t'es qu'à 10 mètres de moi et si je choppe une carapace verte t'es fini. Les cases bonus approchent, un p'tit dérapage pour chopper une case active, ça tourne, je valide et PAN : carapace verte. Mon tit Poulpy, c'en est fini de toi. Je vise, un tir direct sera le mieux. On est trop prêt de la ligne d'arrivée pour que je puisse rater ce coup, je transpire à l'idée de rate, je lock sur son kart et PAN, sparti. Je vois la carapace tournoyer sournoisement vers mon ami qui a entendu le coup parti, il ne se dégage pas et j'entends un petit *ploup*. MERDE! il avait une banane, il a dégagé ma carapace et passe la ligne d'arrivée premier. Je finis deuxième et pouf retour dans le salon.

"Waow.
- J'ai gagné froun.
- Ouaip, mais alors là pfiou c'était tellement bon que je serais pas mauvais perdant pour une fois.
- Héhé, m'en doutais.
- Bon et si on utilisait ce pouvoir pour un autre jeu tout aussi bon?
- Je dis go direct."

Je vais vers l'armoire et sort un jeu, le sourire de Poulpy s'élargit jusqu'à donner l'impression de faire le tour de sa tête. Il a reconnu Final Fantasy 6. Il allume deux clopes, m'en tends un que je calle sur mes lèvres et il me dit "C'est parti mon gros!".

mercredi 7 décembre 2005

Bout de ficelle, seelle, selle, ...

" *buzzz* Bonjour, vous êtes bien sur Europe 1 et il est 9h. Aujourd'hui le temps sera au beau fixe excepté sur la région pari..", s'ensuit un mélodieux *CLONG*, résultat d'un ample mouvement du bras partant du fond du lit vers le réveil, annonciateur de temps moisi.

Je m'extirpe mollement, marche au radar jusqu'à la cuisine. J'évite le bocal au pied du lit dans lequel Poulpy pionce tranquillement. Je ne comprendrai jamais pourquoi le réveil ne lui fait même pas lever une paupière.

Ca y est, je prends une choco, j'mets ça dans le four, 10 mn, 100°c. A moi le chocolat qui coule après la douche.

10 minutes plus tard et une choco dans la bouche, Poulpy a pas bougé un tentacule. Il en branle pas une en ce moment sous prétexte qu'il est en convalescence. Excuse en bois, il en avait surtout marre de se tapper le ménage.

"Bon, Lampiote et Poulpy je file, à ce soir."
- grmnbllngne
- humfnigh?
- Oué j'ai compris, rendormez-vous."

Je ferme à clef, descends les escaliers, ouvre la boîte à lettre et au milieu des publicités (penser à mettre un auto-collant no-pub) je reste interloqué quelques secondes. Je parcours plusieurs fois l'objet. J'en reste pantois, comme une poule devant une cafetière, ou comme une blonde devant des soldes à 150%.

Non, Poulpy doit voir ça, je peux pas partir sans qu'il l'ait vu. Je monte les escaliers trois par trois, j'ouvre la porte, merde le verrou bloque, ha non c'est bon, je cours dans la chambre en gesticulant et hurlant "Gniii st'énorme, Poulpy faut que tu mates ça". Je tends le papier à Poulpy encore aux trois quart endormi. Il le saisit d'un tentacule, le parcourt une fois pour la forme, bloque sur la fin, ses yeux clignent plusieurs fois et reprennent depuis le départ avec avidité. Il explose de rire, manquant de renverser son bocal, et me rend l'objet en me disant "Affiche le dans les chiottes, pour qu'on se marre à chaque fois qu'on y va".

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samedi 12 novembre 2005

Le Poulpe sonne toujours deux fois

Parce que waow aussi ici.

Il va être temps de mériter tout ça (cf. post précédent).

"Poulpy! Chauffe tes tentacules, va falloir aller pouttrer du nikéa là. Y'a des meubles qui vont morfler"

jeudi 20 octobre 2005

Minuit dans le canal de le bien et le mal

J'aime bien ces balades avec Poulpy le long des quais Saint-Martin. L'été indien aidant, on est en t-shirt et on apprécie de voir tous ces gens en train de profiter du rabais de beau temps. Poulpy sur mon crâne se régale avec une glace italienne au yaourt.

"Froun?
- Oué?
- Un truc me turlupine là". Je le regarde en levant les yeux en l’invitant à poursuivre, et il me dit "Georges n’est pas loin, je le sens.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça?
- Bin, déjà je trouve que c'est pas super normal la plante verte qui fait du stoppe là, et surtout l'eau du canal qui est bleue. Je veux bien que Paris soit une ville polluée, mais faut quand même pas pousser Mémé dans orties."

En pensant à ce qu'il dit, je remarque qu’en effet, rien n'est normal. Un sommier est en train de faire des pompes à côté d'une paire de chaussures qui se dispute avec une autruche violette. Des magazines jouent de la musique et une armoire fait du break. Y'a trop de trucs qui clochent. Un frisson me parcourt l'échine et au loin résonne ce rire que l'on ne connaît que trop bien : "GNAHAHAHAAHHAHAHAHA JE SUIS DE RETOUR !
- Et merde". Ma répartie va réellement devenir légendaire avec ce genre de réponse...

Poulpy ferme les yeux, deux de ses tentacules font des ondulations étranges, deux autres sortent des baguettes qu'il agite de manière identique et d'une voix gutturale dit "montrtoisalgro". Une fois son incantation terminée il me regarde avec un sourire dans les yeux, il me dit "Il arrive, je l'ai forcé à se montrer".

Au milieu des arbres, une ombre se détache et semble s'animer seule. Elle se tord, se détend à l'extrême, devient une boule, frémit un instant et là retentit un *plop*.

Georges nous apparaît, encore avec sa sempiternelle robe de soi-disant sorcier : "SALUT LES NABOTS. JE SUIS ENCORE PLUS PUISSANT QU'AVANT. VOUS ALLEZ GRAVE RAMASSER TOI ET TON POULPE.
- Tu promets ça à chaque fois hin.
- OUI MAIS MAINTENANT JE SUIS CARREMENT DEVENU MAITRE EN MAGIE NOIRE.
- Ha...
- CA T EN BOUCHES UN COIN HIN
- Bin quand t'auras fini de faire ton Yugi-ho, on verra mais disons que là c'est pas super flippant ton truc.
- JE MAITRISE MAINTENANT ET TU VAS GOUTER A LA PUISSANCE DE MON COUROUX!
- Coucou...
- HIN?
- Non rien, ça vient des flagrants délires, laisse tomber"

Poulpy me serre un peu plus fort, comme pour me dire de faire attention. Je vais faire gaffe, parce que même si Georges n'est pas forcément une lumière, on sait jamais il a peut-être dégotté un bon bouquin.

"JE TE LAISSE AVEC MON SERVITEUR BOUHAHHAHAHAHAHA", et il s'évapore dans un gros nuage de fumée.

Je regarde Poulpy. Il fouille dans son dos. Une tentacule apparaît avec à son bout une hache, une autre, encore une autre, encore... Dans chaque tentacule une arme depuis la hache en passant par le fouet, le double-décimètre, la ventouse, une kro, un livre, un cd, et une VHS.

Un grand bruit retentit dans notre dos. Lentement, Poulpy et moi nous tournons. Et il est là. Un énorme truc qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la décharge dans les Fraggle Rock.

On est parti pour ramasser sévère et j'en fais part à Poulpy qui me dit "Mais trop pas, c'est un truc tout naze je connais son point faible et je m'attendais à ce que Georges sorte ça."
- Tu t'en doutais?
- Oui c'était la bête présentée dans Magic Magazine.
- Hin?
- Oui je me suis re-abonné, et ils l'ont présenté en disant que c'était le *monstre de la semaine*. Chaque semaine y'en a un nouveau, souvent de vieux trucs qui sont en fin de carrière et qui prennent pas trop cher à l’invocateur.
- Ha très bien, donc tu sais comment s'en débarrasser?
- Oui en fait, c'est un truc excessivement sensible. Comme tu peux le remarquer il attire un peu que les trucs pourris et il est donc attiré par tout ce qui touche de près ou de loin par les trucs moisis.
- Bin en même temps c'est une décharge sur pattes hin.
- Et c'est là qu'interviennent les derniers objets que j'ai choisis.
- Tu comptes en faire quoi des trucs en questions?
- C'est très simple. Il est indéracinable, et ne peut donc pas escalader. Admire." et je vois Poulpy appeler le monstre en lui disant "HEY!!!!!".

Le monstre le regarde et semble remarquer le bouquin que Poulpy agite. Mon dieu, il ose, un recueil de Jean Roucas dédicacé, ses meilleures blagues. Poulpy le jette dans le canal Saint-Martin.

Il interpelle encore le monstre et agite la VHS ainsi que le cd. Le best-of des Grosses Têtes avec un freestyle de Philippe Bouvard.... et le cd n'est autre que l'intégrale des hits de Carlos. Ils rejoignent le recueil. Le monstre, suivant la logique de mon ami poulpe, se jette à sa suite.



"T'as vu ça? Facile hin. Il suffit de l'attirer avec de la merde et c'est réglé. Sinon, tu veux la kro ?". Et il me tend la bière que je saisis.

On rentre, et pendant que je sirote la Kro, je me dis que Poulpy a quand même de grandes poches.