vendredi 24 mars 2006
Vamos a la playa
Par frouny, vendredi 24 mars 2006 à 12:24 :: Tentacules
"Température extérieure de 28 degrés celsius, le temps est au beau fixe. Nous vous souhaitons un agréable séjour à Madrid".
Je me tourne vers le siège de gauche pour regarder Poulpy. Je ne pensais pas qu'un poulpe pouvait avoir les propriétés du caméléon. Avant le décollage, il était orange (sa couleur naturelle), puis à l'allumage des moteurs, il est devenu un peu vert, quand les roues ont été débloquée il a viré au blanc, et jusqu'à ce qu'on se stabilise il est devenu bleu. L'orange revient peu à peu.
"Bon alors tu vois c'est pas si terrible.
- Tu parles, j'ai cru que j'allais mourir à chaque instant.
- Boap, meuh non, c'est le moyen de transport le plus sûr.
- Non mais tu me prends pour un jambon ou quoi?
- Gni?
- Avec ma chance, au retour, on va avoir une panne radio, l'avion va dériver pour finalement se crasher sur une île déserte où que y'aura un animal qui a comme passe temps le secouage d'arbre.
- Faut vraiment que t'arrêtes la télé Poulpy hin, tu vas finir par sombrer télévore.
- Gngngngng.
- Je vois que tu me voles mes réparties, bravo..."
On arrive au tapis à bagages, je récupère ma valise, Poulpy son aquarium et c'est parti pour un petit week-end de soleil au pays des tapas.
Deux jours se sont écoulés, parmi lesquels on a visité un sacré paquet de coins vachement intéressants et on a bouffé comme des chancres. Bref de vraies vacances avec de la cerveza dedans.
On embarque dans le joli avion orange et on attend. Je dois avouer que je suis impatient de voir le caméleon poulpe refaire son festival de couleurs.
Ca ne manque pas, il repasse par le même spectre de couleur que vendredi, je me gausse deux secondes et me plonge dans mon bouquin. Il y est affaire d'une compagnie de mercenaire, la dernière compagnie franche de ce monde, un truc à lire. Après une demi-heure de lecture, je me tourne vers le hublot et commence à m'inquiéter. J'essaie de voir par le hublot de l'autre côté. Mon inquiétude grandit, je me tourne vers Poulpy et lui demande : "Dis-moi, toi qui n'est pas trop une tanche en géographie", car tout le monde sait que le poulpe est explorateur dans ses gènes, "tu ne saurais pas si y'a un océan ou une mer quelconque entre Paris et Madrid qu'on pourrait survoler?
- Mouarf, t'es vraiment une saucisse froun.
- Ho ça va, je sais que je suis un peu une burne en géographie mais bon, réponds-moi quand même.
- Bin, à moins qu'on fasse une escale par la Corse, non.
- Alors ça veut dire que y'a un truc qui cloche.
- Pourquoi?
- Mate à travers ton hublot, et ensuite essaie de voir sur le hublot de l'autre côté."
Je vois Poulpy regarder à gauche, puis à droite. Il est figé. 10 secondes passent, 30, 1 minute. Lentement, sa tête se tourne vers moi et il balbutie des syllabes qui s'approchent de : "blableugnihghjana? gnigeuka". Je le secoue pour qu'il reprenne ses esprits.
"Pinaise! Mais froun, c'est comme dans le truc à la télé là, on va tous mourir.
- Meuh non, Lost c'est pas la vraie vie.
- froun bordel, je te rappelle que tu parles à un poulpe orange là. Alors bon, question possible pas possible tu repasseras."
Merde.. Il a pas tort. Je commence à baliser et je remarque les hôtesses qui sont quand même vachement tendues. Poulpy s'agrippe de ses tentacules sur son siège et c'est là que tout se barre au vau-l'eau. Un hoquet de l'avion. Tout le monde se tait en redoutant le suivant. Un nouveau hoquet se fait ressentir, plus violent encore.. Un enfant commence à crier et c'est la panique. Les masques tombent. Les gens s'emmêlent. L'avion est secoué dans tous les sens. Je crois que je crie mais je n'entends plus que l'air siffler autour de moi. Je tourne la tête, la queue de l'avion a disparut. et là, black-out.
J'ai mal au ventre. J'ai la tête mouillée. Si j'ai mal au ventre et que je suis mouillé au crâne c'est que je dois être malade. J'ouvre un oeil, m'assis, je regarde mon ventre, un énorme hématome violet me court sur le ventre et une partie de côtes. J'ai pris une sacré cuite hier si je me souviens pas m'être fait ça. Je porte ma main à mon crâne. C'est tout flasque. POULPY!! Je m'empresse le prendre de mes deux mains, le pose sur mes genoux, il a l'air de simplement dormir. Je lui colle deux claques bien senties. Un de ses yeux s'ouvre doucement, et d'un coup il est réveillé "Bordel!!!! Je t'avais dit!!! C'est comme dans lost."
A ces mots je regarde autour de moi, et pinaise, il a raison. Des arbres tropicaux, du sable et des fougères de 6 mètres d'envergure. Je regarde Poulpy "Bon, écoute, ta blague est super pas drôle.
- Tu crois que je t'aurais fait un hématome aussi gros qu'une pastèque pour te faire une blague???" Il marque un point là..
On entend un bruit sourd au loin. Je me relève sur mes deux jambes, prends Poulpy sur mon épaule, et on se dirige vers l'origine de ce bruit.
A mesure qu'on avance, le bruit grandit, et au bout d'un moment nous arrivons sur la plage. Désolation est le seul mot qui me vient à l'esprit. Des débris d'avion un peu partout, du sable transformé en verre tellement ça a chauffé. Les survivants se sont regroupés loin de l'avion. Nous les rejoignons.
Un dialogue pour savoir combien ont disparu s'installe, personne ne semble manquer à l'appel mis à part les gens qui étaient à l'arrière. Tous sauvés.
Quelques heures ont passé et nous avons fait un peu connaissance. Nous sommes assis autour d'un feu improvisé, je me tourne vers ce jeune bûcheron qui m'est fort sympathique et lui demande : "Dis-moi, on va se tutoyer ce sera plus simple, c'est quoi ton nom?
- Ingalls, Charles Ingalls.
- Ha ok merci.
- Je t'en prie."
*VRIIIIIIIIIIBOUUUUUUUUUUUUUUUBOOOOOOOOOOOOON*.
Tout le monde se fige en entendant ce bruit sorti d'outre-tombe. Un silence angoissant s'installe.
*VRIIIIIIIIIIBOUUUUUUUUUUUUUUUBOOOOOOOOOOOOON*.
"TEST, UN DEUX, UN DEUX.
- OYEZ OYEZ PETITS NAUFRAGES. VOUS VOUS DEMANDEZ SUREMENT POURQUOI VOTRE AVION QUI NORMALEMENT DEVAIT SURVOLER TARBES AU MOMENT DU CRASH, SE RETROUVE SUR CETTE ILE ETRANGE? AHHAHAHAHAAHHAAH".
A peine j'entends ce rire, je comprends dans quel pétrin on est et qui en est responsable. Je regarde Poulpy et de concert "Georges!". Les gens nous regardent à moitié effrayés et interrogateurs.
"J'IMAGINE QU'ILS M'ONT RECONNU N'EST-CE PAS? HAHAHAHAAHAHHA, ET OUI, C'EST MOI GEORGES. ET VOUS ÊTES ICI SUR MON ÎLE DU LE MAL. HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH."
Charles Ingalls se tourne vers sa femme et lui demande "Dis-moi, ce serait pas le Georges qui nous a vendu cette table basse chez monsieur meuble?
- Ha oui! C'est pour ça que la voix me disait quelque chose." Les gens se regardent un peu éberlué et une femme dit timidement "Vous aussi?
- Comment ça? vous avez aussi acheté un meuble à ce garçon?
- Oui.
- Moi aussi.
- Mais, moi aussi." Après une discussion animée, tout le monde se rend compte que Georges leur a vendu un meuble. Poulpy frappe ses tentacules entre eux pour réclamer un silence, et c'est solennellement qu'il s'adresse à tous : "Mesdames, Messieurs. Je suis au regret de vous annoncer que tout le monde a été victime d'un envoûtement puissant créé par Georges. Cet envoûtement vous a forcé tous à prendre un vol aller/retour Paris Madrid. Même si vous détestez l'Espagne, ça a été irrésistible, comme un appel.". A droite et à gauche, des acquiescement fusent ponctués par des "grave, je peux pas blairer l'Espagne", "J'aime que la corse", ou encore "Vive le Québec libre".
Poulpy reprend "Il nous faut donc nous organiser pour nous défendre, le temps de trouver un moyen de quitter cette île et retrouver une vie normale." Il se tourne vers la forêt et d'un air volontaire dit "Georges, on va te défoncer ta gueule, tu vas rien comprendre. Ca va chier des bulles spèce de magicien en carton.
- OUAIS OUAIS C EST CE QU ON VERRA SALE MOLLUSQUE."
Je regarde Poulpy, et wash, il me fout les jetons, je l'ai jamais vu avec un regard aussi froid. En même temps, je le comprends, il avait réussi à ramené 25 kg de crustacés, et Poulpy faut pas toucher à sa bouffe. A la place de Georges, je baliserai plein.